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Crystal-Rose Lee dans ses propres mots

Voici Crystal-Rose Lee, ancienne coureuse FIS devenue monitrice, ayant aussi pris part à des compétitions de ski cross et de parcs à neige, puis championne du World Freeskiing Tour et maintenant nouvellement ambassadrice Nordica.

Née à Vancouver, Crystal-Rose avait six ans lorsque son meilleur ami l’invite skier à la station Cypress Mountain. Crystal-Rose se souvient encore, « en tant qu’enfant unique mes inspirations me venaient de mes amis. Je voulais vraiment essayer le ski, alors j’ai supplié ma mère pour en faire. »

Malheureusement, sa mère avait d’autres idées pour elle, notamment le piano et le ballet. Seule sportive au sein d’une famille très axée sur le monde universitaire et les études, on lui répétait qu’elle était trop petite et pourrait se blesser. Elle a finalement pu se mettre à skier à huit ans.

« Je suis tombée en amour dès le premier virage », se souvient Crystal-Rose, « j’aime la vitesse et la sensation de pouvoir contrôler ma descente. J’aime la liberté que procure le ski. Quand tu as huit ans, tu ne contrôle pas grand-chose dans ta vie. Skier c’est un sport que j’ai aimé instantanément et que je pouvais faire par moi-même. »

Un an plus tard, ayant rapidement gravi les programmes de l’École de ski de Cypress Mountain, Crystal-Rose doit faire face à un choix; faire du ski acrobatique ou de la course. Elle choisit la course, parce qu’elle aimait descendre vite dit-elle. « Je regardais les courses de Kerrin-Lee Gartner et de Picaboo Street, mais plus que tout ce que j’aimais c’était d’être sur les montagnes. Je n’étais pas la meilleure skieuse nécessairement. J’adorais skier voilà tout. »

Crystal

 

Les parents de Crystal-Rose ont rapidement vu à quel point le ski avait un impact positif dans la vie de leur fille. « Ma mère était une des plus grandes fans! » dit Crystal-Rose. Enseignante au secondaire, elle conduisait sa fille jusqu’aux montagnes et corrigeait les copies de ses élèves dans le chalet. Pour permettre à Crystal de pouvoir avoir les quatre paires de skis dont elle avait besoin pour compétitionner durant la saison, elle travaillait à temps partiel dans une boutique de ski. Elle a même travaillé pour le Club de ski afin de pouvoir économiser sur les frais d’adhésion. La seule chose qu’elle ne faisait pas c’était du ski. Crystal-Rose relate qu’elle a essayé une fois, mais a eu trop peur. Du côté de son père, un scientifique, « il m’a regardé courser une fois alors que j’avais douze ans et n’a simplement pas compris pourquoi nous faisions des courses, mais il m’a toujours supporté malgré tout. »  

Deux ans plus tard, le stress financier et la pression académique sur les coureurs au sein de la FIS ont commencé à se faire sentir. « Mes parents disaient que je pouvais continuer si je le désirais mais, je trouvais cela injuste pour eux, c’était tellement dispendieux », mentionne Crystal-Rose. En tant qu’athlète douée, Crystal-Rose excellait aussi à l’athlétisme. Malheureusement, une blessure prématurée lui a coûté son rêve: une bourse d'études de la NCAA pour le saut à la perche. Puis les résultats aux examens d’admission sont entrés. « Les tests scolaires m'ont complètement stressée, alors j'ai décidé de prendre une année sabbatique. »



Changement de cap

Un soir, avec son copain de l’époque ils décident d’aller voir un film de Warren Miller. C’est à ce moment qu’elle s’est dit: « c’est ce que je vais faire! (rires) Alors, j’ai laissé mon copain, j’ai démissionné, je me suis inscrite au niveau 1 pour devenir monitrice, dit à mon entraîneur d’athlétisme que je reviendrais en avril et, je suis déménagée à Whistler. Tout cela en trois semaines!

Ce Noël là, Crystal-Rose donnait sa première leçon de ski et habite Whistler depuis ce jour. Devenir skieuse professionnelle présente de nombreux défis. Le premier, et le plus important, l’aspect financier. Pour y arriver, Crystal-Rose enseignera le ski durant la journée et travaillera en même temps dans les boutiques et en restauration en soirée. En travaillant à la station cela lui permettra d’avoir accès à des assurances et à une passe de saison autrement hors de prix. Pendant ce temps, elle se promène entre les séances photos, quelques compétitions locales et s’assure de réseauter pour que son nom circule dans l’industrie. En tant que femme très déterminée, Crystal-Rose allait réussir à trouver sa voie, peu importe les façons d’y arriver.

« J’ai été très chanceuse de rencontrer un groupe de personnes (90% d’hommes) qui m’ont pris sous leurs ailes. Ils m’ont simplement dit pourquoi tu ne skierais pas avec nous? Je voulais me faire des amis, alors je devais les suivre. J’ai souvent eu peur et ça m’a fait sortir plusieurs fois de ma zone de confort, mais c’est en fait comme cela que j’ai développé mon style de skieuse hors-piste. »

Des amis l’ont encouragé à prendre part au World Freeskiing Tour. Elle disait : « Je ne veux plus compétitionner, c’est terminé. J’ai coursé, j’ai fait du ski cross et du parc à neige. Je ne veux plus en faire. » Ses amis lui répétaient qu’elle devait s’inscrire, qu’elle avait l’énergie et la force pour le faire, en plus du talent. Elle n’avait pas d’excuses! 

Puis, c’est arrivé en 2007, lorsque Crystal-Rose skiait avec son ami Holly, qui lui avait secrètement organisé un voyage à Red Mountain pour suivre le parcours du Canadian Freeskiing Championship. Holly disait: « tout ce que tu dois faire est choisir ta ligne et descendre vraiment bien. Skie de ton mieux et reste dans le groupe. Ne tombe pas, sinon tu seras éliminée. » Crystal-Rose de répondre: « ça m’a l’air assez simple. »

Crystal-Rose Lee terminera première aux qualifications. Après avoir gagné la médaille d’argent, la voilà accrochée pour de bon. Elle termine la saison au quatrième rang du circuit canadien de freeski et remporte la nomination « Sickbird » (décerné au skieur qui skie la ligne la plus incroyable) aux Championnats du monde de freeski à Kirkwood, en Californie.

L’année suivante, en 2008, elle s’inscrit aux Championnat du monde de freeski (World Freeskiing Championship) en Alaska, et termine deuxième. En 2012, par contre, elle commencera à ralentir les compétitions, car c’est très dispendieux, raconte-t-elle. Même si elle était alors commanditée, elle n’était pas payée pour faire les compétions.

Crystal

Crystal-Rose se rappelle cette époque, « c’était il y a quelques années, avant l’arrivée d’Instagram et des publications payées. Chaque compétition voulait dire prendre des journées de congé du travail et payer pour mes déplacements et tout le reste. Les prix en argent que je gagnais couvraient à peine le coût du billet d’avion. »

Elle ajoute que les skieurs ne décident pas de skier professionnellement pour faire de l’argent. Son but ultime était de faire partie d’un film de ski, comme celui qu’elle avait vu de Warren Miller. La crise financière de 2008 mettra certains projets sur pause. Crystal-Rose a depuis eu des contrats de publicités et joué dans des clips promotionnels. Elle a une bonne technique qui se transmet bien à la caméra, lui a-t-on mentionné, dit-elle en riant.

Il y a cinq ans, elle a pris le temps de faire le point sur sa vie de skieuse et ses ambitions. Elle s’émerveille toujours autant sur l’évolution du ski, citant les gros skis (« tout ce qui dépasse 80 mm sous le pied représente un changement phénoménal »), les skis profilés et, plus récemment, les rockers dans les spatules et talons des skis. Encore aujourd’hui, si on lui offrait une place de choix dans un film de ski, elle mettrait tout sur pause et se lancerait. « Vous savez, le ski c’est tout pour moi, si la montagne m’appelle, je dois y aller », de dire Crystal-Rose.

Crystal-Rose travaille actuellement pour une entreprise de sport basée à Vancouver. « J’adore la mode et vivre activement », dit-elle, « il était donc logique pour cette prochaine phase de ma vie de repousser mes limites professionnelles en mettant à profits des capacités différentes, tout en restant fidèle à mes valeurs fondamentales. » C’est ainsi que lorsque l'hiver revient, vous la verrai à Whistler enseigner sur les programmes féminins et donner des leçons privées pour guider toujours plus de clients à sortir des sentiers battus et s’amuser. Pour Crystal-Rose « skier ce n’est pas seulement un passe-temps, c’est en moi et ça fera toujours partie de ma vie! »



Crystal-Rose Lee et Nordica

En tant qu’ambassadrice pour Nordica, Crystal-Rose reste en contact avec le marché, représente et promeut la marque autant sur neige que dans son quotidien et a la chance de tester les nouveaux produits. Cette année elle skie sur les Santa Ana 110 et ses bottes sont la Strider 120 ou encore la Speedmachine 130. « Ce sont de super skis pour Whistler. Ils tournent facilement et flottent dans la poudreuse, tout en étant amusants et dynamiques. La Strider est une botte parfaite pour skier dans les limites d’une station, mais lorsqu’une petite excursion hors-piste de dernière minute se présente, je n’ai pas besoin de changer de bottes. J’utilise le mode marche et le tour est joué, on part à l’aventure! » souligne Crystal-Rose.

Lorsqu’elle ne skie pas, Crystal-Rose est loin de s’assoir et de ne rien faire. Elle s’entraîne toute l’année, fait du vélo de montagne et a même complété son premier marathon cet automne. Selon Crystal-Rose nous sommes à notre meilleur lorsque notre esprit et notre corps sont actifs. On ne sait jamais pour quelle aventure nous devons être préparé!

“Être une ambassadrice permet à Crystal-Rose d’ajouter sa petite touche de féminité au monde du ski alpin. Crystal-Rose explique: « Les femmes apportent une vision différente, un point de vue différent. Nous voyons les choses différemment. Nous apportons quelque chose de différent sur la table. Ce serait vraiment ennuyeux sans les femmes. Nous défions les hommes, tout comme ils nous défient et nous poussent à être encore meilleures. »

Dave Fonda

Crystal

 

Regardez notre vidéo sur l’industrie du ski au féminin!